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DÉBUTER UNE COLLECTION D’ART

 

A l’occasion de ce guide, 9 galeries d’art contemporain ont accepté de

prodiguer des conseils aux nouvelles générations de collectionneurs.

Voici leurs recommandations pour débuter une collection d’art

ou de photographies d'art






AVANT PROPOS ( Par Marc DEVILLE, photographe d'art et d'essais, réalisateur)

-

Avoir de l’audace

En 1991 je répondais ceci à un journaliste qui m’interrogeait sur le vaste fait d'être artiste.


« Un artiste est un agitateur de neurones : Avec des cubes et des cylindres Picasso représentait en deux dimensions toutes les faces d’un visage en trois dimensions. Dali avec son "Paranoïaque-critique", peignait les images récurrentes de son sub-conscient . Renoir exprimait son amour sensuel de la vie en libérant la couleur de sa dépendance du dessin . Fragonnard peignait en 1772 toutes les nuances du sentiment amoureux dans ses œuvre sensuelles, gracieuses, enjouées et toujours pleines d'esprit. Tandis que Ben en 1961 crachait sur une toile vierge « En tant qu’œuvre d’art». Et Marina Abramovic, en 1972, dans une démarche artistique contemporaine sur les limites humaine, physiques et morales, échange avec son compagnon des paires de gifles jusqu'à l'insupportable. Tous ces artistes comme bien d'autres, n’ont jamais voulu monter ce qui plaisait au public mais ont plutôt présenté ce qui «pourrait» bien plaire,intensément, ou faire réagir le public... Quitte à mettre ses nerfs à vif. »

« Donc par un ensemble de savoir, de moyens et de méthodes dirigées vers une fin, les artistes, grâce à leur état d’esprit ont souvent bouleversé la vision conventionnelle d'un tas de choses . Ils ont animé des débats parfois virulents sur le sens ou le but de leurs artifices . Ils se sont fait bannir ou adorer du spectateur, toujours avec beaucoup d’émotions. C'est aussi à ce titre, qu'un grand nombre œuvres ont attiré les collectionneurs. Et puis certains auteurs ont exposé toute leur vie le même « tire-bouchon »,pendant que d'autres plus rarement , ont varié leurs recherches au risque d'abandonner parfois, l'état d'esprit originel qui plaisait à leurs fan's » .


L'oeuvre forte


Une œuvre forte a mon sens brille par une multitude de facettes qui s'éclairent avec le temps. Comme les couleurs de la mer au fil de la journée , le travail de l'artiste s'aborde par le spectateur, avec une prise de conscience, une appréhension changeante, au fur et à mesure de ses connaissances accumulées , de sa curiosité, ses joies, ses blessures,tout celà s'exprimant dans le frémissement d'une sensibilité vive et neuve à la fois. Il est donc des moments exceptionnels dans la vie d'un collectionneur où l' œuvre de l'artiste devient une prolongation de ses sens pour celui qui la possède correctement.


Dépasser les intentions de l'auteur


En 1913 le père de l'art contemporain Marcel Duchamps expliquait: « Désormais, c'est le spectateur qui fait l' œuvre ». Alors parfois même, ces amateurs d'art, par plaisir intellectuel, vont jusqu'à dépasser les intentions de l'auteur en imaginant par exemple -à bien y réfléchir- que tel détail dans l'oeuvre, pourrait déboucher sur une métaphysique très originale, repoussant beaucoup plus loin l'idée du créateur.

Un collectionneur d'art vit l'expression plastique comme une jouissance.

Un exemple personnel est lié à une histoire qui m'a toujours émue : En tant qu' artiste photographe, lorsque je reçus le couriel d'une personne; dont le mari avait confisqué à la suite de leur divorce, tout un travail que j'avais réalisé pour elle, sur la lumière de la Méditerranée, dans les lieux qu'elle aimait. Devant le fait, celle ci s'exclamait: « Il m'a volé le soleil de ma vie... ». Comme ci depuis les fenêtres de sa maison, le brouillard venait remplacer la vue dégagée de l'horizon. Pour elle vivre avec ces photographies c'était comme vivre avec des chansons, un beau paysage, une vue sur la mer. On se lève un matin, on écoute, on voit, c'est beau et on se sent bien. Elle parlait de cela comme une hygiène mentale, un droit naturel qui lui était confisqué ....Heureusement , cette histoire ce termina rapidement à l'amiable.




Aline Vidal - Galerie Aline Vidal

Pour débuter une collection:

- Etre curieux

- Avoir de l’audace

- Pousser les portes des galeries. Chercher celle(s) qui vous convient.

Avoir confiance.

- Trouver votre guide

- Se fixer un budget

- Se méfier des modes. Ne pas avoir peur du regard des autres.

- Acheter avec ses yeux et non avec ses oreilles.



Catherine Issert - Galerie Catherine Issert

Se faire confiance pourrait être, tout simplement, le premier atout d’un jeune

collectionneur.

Commencer par faire preuve d’une totale liberté de jugement, essentielle à l’acquisition

d’une oeuvre d’art.

C’est dans l’élaboration de sa collection que le jeune collectionneur questionnera et

approfondira les raisons de ses choix.

En fait, faire une collection c’est construire un rapport entre soi et le monde qui

suppose, de part et d’autre, une réflexion authentique et sans tromperie.    



Adam Sheffer - Cheim & Read

C’est un procédé organique qui n’a pas de point de départ précis,

dans lequel on ne se lance pas comme on achète des chaussures.

L’expérience montre que les meilleures collections s’imposent dans un

murmure et non avec fracas.



 

Patrice Cotensin - Galerie Lelong

L’estampe contemporaine est un excellent moyen de commencer

une collection d’oeuvres d’artistes renommés à prix abordables. A

la galerie Lelong à Paris, on trouve par exemple de petites lithographies

d’Alechinsky dès 250 €.

Mais lithographies et gravures ne doivent pas représenter une solution

«au rabais» : l’artiste choisit souvent la technique de l’estampe

pour ses qualités plastiques propres. C’est le cas du sculpteur

espagnol Eduardo Chillida, qui découpait le cuivre de ses gravures comme l’acier

de ses sculptures, ou de David Nash qui produit ses pochoirs dans son atelier du Pays

de Galles.

L’estampe est en constante évolution, elle est sans cesse renouvelée dans ses techniques

(l’estampe numérique a ainsi fait de grands progrès ces dernières années) comme dans

son esthétique : ainsi l’artiste américaine Kiki Smith accorde une place importante

au principe du clone et du multiple dans son oeuvre.



Jean-François Jaeger - Galerie Jeanne Bucher

Votre collection révèle votre portrait, en amateur avisé ou en spéculateur.

Le poète Bernard Noël nous dit : «Le tableau vient penser dans les yeux qui l’aiment

ce dont l’acte de peindre l’a chargé». L’épaisseur du dialogue avec l’oeuvre s’établit

mieux dans le silence d’une galerie que dans l’agitation des ventes publiques ou des

foires. La fréquentation des initiés et surtout des artistes propose des rencontres efficaces

pour passer du choc superficiel à la charge poétique et spirituelle; pour dépasser

le niveau de la satisfaction, esthétique ou sentimentale, à une connaissance plus

approfondie de l’esprit humain.

Pour se remettre en question…



Jérôme de Noirmont - Galerie Jérôme de Noirmont

Une collection, c’est le plus souvent réunir une quantité d’oeuvres,

d’une même période, d’un même artiste, ou d’un même sujet.

C’est pourquoi on ne peut pas s’improviser collectionneur mais on

le devient.

Alors, me direz-vous, comment acquérir des oeuvres ?

D’abord se laisser aller sur le terrain où l’on est le plus sensible

(époque, style, artiste), aller voir régulièrement des expositions

monographiques dans le monde entier, les biennales, les foires et

surtout pousser les portes des galeries qui sont toujours heureuses

de faire partager et transmettre leur passion. Il faut s’entourer de

conseils de professionnels reconnus.

L’essentiel n’est pas d’acheter avec ses oreilles mais avec ses yeux et son coeur. C’est

vous qui vivrez avec votre acquisition et mieux vaut en être comblé.

L’acquisition d’une oeuvre d’art c’est aussi un sacrifice, quels que soient ses moyens.

Le plus grand bénéfice est le plaisir des yeux et de l’esprit, surtout quand la collection

a un sens.



Kamel Mennour – Galerie Kamel Mennour

Je dirais à toute personne souhaitant débuter une collection

d’écouter sa sensibilité, d’acheter avec son coeur.

Ce qui me fait plaisir, c’est de voir grandir de jeunes collectionneurs

qui ont acquis leur première pièce à la galerie et qui continuent

à prospérer au fil des ans dans la mise en place de leur

collection.



Nathalie Obadia - Galerie Nathalie Obadia

Tout d’abord pour commencer à collectionner, il est important

de s’informer, lire les revues d’art françaises et internationales,

visiter les musées, les galeries, régulièrement.

Il est préférable d’acheter au début exclusivement dans les galeries

où il y a toujours des « conseillers », un temps de réflexion permis,

la possibilité de s’entendre sur les paiements.

Ensuite, si on connaît exactement les règles des ventes aux enchères,

si on sait exactement ce que l’on recherche où que l’on a eu toutes les informations

sur des oeuvres que l’on ne connaît pas, là on peut acheter en vente.

Il faut toujours se poser la question suivante: pourquoi cet artiste me plaît? Se poser

la question sur son parcours artistique et sur son prix.

Le principal étant de ne pas acheter des «coups de coeur», ni d’acheter avec ses

«oreilles» mais en s’informant. On s’aperçoit que le goût et la connaissance se rejoignent



Anne-Claudie Coric - Galerie Daniel Templon

1. Définir un budget annuel. On peut commencer une collection

très intéressante en y consacrant simplement 3 000 à 5 000€

par an.

2. Développer une relation avec deux ou trois galeristes dont on

aime le programme et la vision, puis développer avec eux une relation

de confiance pour qu’ils vous aident à cerner vos goûts et vos orientations.

Il vaut mieux laisser les ventes aux enchères aux collectionneurs

aguerris qui connaissent déjà bien les artistes, leur cote et le marché.

Les galeristes qui représentent des artistes ont tout intérêt à aider le

collectionneur débutant. Contrairement aux maisons de ventes ou à

des marchands du second marché, nous travaillons sur le long terme avec les artistes

et les collectionneurs. Nous développons des relations sur plusieurs années. Il

faut que cinq ans ou dix ans après une vente, on puisse toujours justifier auprès du

collectionneur qu’il a fait un bon choix. C’est à cela que nous réfléchissons quand

nous choisissons nos artistes. A nos collectionneurs qui ont fait confiance à la galerie

templon il y a 20 ans pour acheter Flavin ou Warhol par exemple, il faut que l’on

présente des artistes dont on pense qu’ils ont le même potentiel.

3. Lire et faire des recherches sur les artistes que l’on aime: les critiques des expositions,

sa cote, ses galeries à l’étranger. Là encore ne pas hésiter à demander aux galeristes

des informations les plus complètes possibles, de la presse ou des catalogues.

Internet est également une excellente source d’information.

SOURCES INFOS Artprice




EXPOSITION /



Déplacements... ( sources infos: FRAC Franche-Comté)



Cette exposition regroupe une sélection d'oeuvres (sculptures, installations, photographies et vidéos) parmi les acquisitions récentes du FRAC Franche-Comté, dans lesquelles la notion de déplacement est mise en jeu au regard de diverses temporalités. Passé, présent et avenir sont constamment sollicités et souvent entremêlés dans des trames formelles et fictionnelles prenant le réel et son expérience comme matériaux premiers.



Témoignant de l'indissociable trio corps-espace-temps, ces oeuvres en questionnent les relations et leur donnent forme. Dans des perspectives décalées, les artistes convoquent à la fois le sublime et le dérisoire, le simple et le complexe, le rêve et la réalité pour aborder le déplacement sous ses multiples formes (physiques, mémorielles, symboliques). Lieux et événements constituent les points d'ancrage de leur démarche et définissent les cadres de leurs mises en scène, dans lesquelles ils figurent parfois, en protagonistes fragiles et humbles. Déplacements des corps dans le réel pour un déplacement du regard dans l'imaginaire: autant de trajets et de directions inscrivant la singularité des positionnements et des points de vue.



Si dans les oeuvres de Stéphane Benault, Alain Bublex, Vincent Lamouroux & Raphaël Zarka, la présence de véhicules renvoie au voyage ou à la mobilité, ce n'est plus en vue d'une activation fonctionnelle.



Apparaissant comme des vestiges du mobile, ils semblent s'être transformés en structures pour le souvenir ou le fantasme, faisant ainsi écho aux intensités immobiles de Gilles Deleuze. Seuls les documents (plans, schémas ou vidéos) attestent de leurs traversées dans des paysges ou des territoires porteurs d'histoire(s). Bicyclette, voiture et pentacycle se posent ainsi en témoins d'expériences passées et en supports de projection pour une vision en actes.

DéplacementsDéplacements



Cette exposition regroupe une sélection d'oeuvres (sculptures, installations, photographies et vidéos) parmi les acquisitions récentes du FRAC Franche-Comté, dans lesquelles la notion de déplacement est mise en jeu au regard de diverses temporalités. Passé, présent et avenir sont constamment sollicités et souvent entremêlés dans des trames formelles et fictionnelles prenant le réel et son expérience comme matériaux premiers.



Témoignant de l'indissociable trio corps-espace-temps, ces oeuvres en questionnent les relations et leur donnent forme. Dans des perspectives décalées, les artistes convoquent à la fois le sublime et le dérisoire, le simple et le complexe, le rêve et la réalité pour aborder le déplacement sous ses multiples formes (physiques, mémorielles, symboliques). Lieux et événements constituent les points d'ancrage de leur démarche et définissent les cadres de leurs mises en scène, dans lesquelles ils figurent parfois, en protagonistes fragiles et humbles. Déplacements des corps dans le réel pour un déplacement du regard dans l'imaginaire: autant de trajets et de directions inscrivant la singularité des positionnements et des points de vue.



Si dans les oeuvres de Stéphane Benault, Alain Bublex, Vincent Lamouroux & Raphaël Zarka, la présence de véhicules renvoie au voyage ou à la mobilité, ce n'est plus en vue d'une activation fonctionnelle.



Apparaissant comme des vestiges du mobile, ils semblent s'être transformés en structures pour le souvenir ou le fantasme, faisant ainsi écho aux intensités immobiles de Gilles Deleuze. Seuls les documents (plans, schémas ou vidéos) attestent de leurs traversées dans des paysges ou des territoires porteurs d'histoire(s). Bicyclette, voiture et pentacycle se posent ainsi en témoins d'expériences passées et en supports de projection pour une vision en actes.



La question du territoire rejoint celle de l'identité et de la tentative de reconstitution d'un récit dans les vidéos de Maja Bajevic et Emanuel Licha et de Sebastian Diaz Morales.



Maja Bajevic incarne la figure de l'absence - absence de l'architecture, absence des habitants - en foulant un sol dont la surfance lisse et monochrome devient le support d'une reconquête mentale. Dans le film de Diaz Morales, le spectateur se retrouve plongé dans une narration complexe autour d'une ville sans nom et d'un homme aux souvenirs flous. Le flux des images qui se mêlent à la voix ne fait qu'accentuer le mystère d'un voyage improbable relaté par bribes. C'est aussi à un voyage invraisemblable que nous convie Hans Schabus à travers une série photographique mêlant l'ambition à l'ironie pour une expédition tout à la fois incongrue et poétique, menée par un anti-héros. Les images capturées par Simon Faithfull lors d'un voyage en mer se constituent en tableaux subtils dont la fixité du point de vue et les infinies variations lumineuses invitent à la contemplation.



Dans ses oeuvres, Stéphane Benault propose des fragments de réel qui portent l'empreinte du contact entre corps et paysage. Images, sculptures, et installations traduisent des gestes, des postures qui font environnement.



Enfin, chez Gianni Motti, c'est le temps lui-même qui est l'acteur principal d'un mouvement programmé, précis et insaisissable, hors échelle humaine.





Informations pratiques:



Le 10neuf, Centre régional d'art contemporain



19, avenue des alliés



25200 Montbéliard



tél: 03 81 94 43 58